P!nk

Date:
27 avr. 2005
P!nk

Née Alecia Beth Moore dans la banlieue de Philadelphie en 1979, la future P !nk connaît tout sauf une jeunesse heureuse. Son père, vétéran du Vietnam, quitte le domicile conjugal alors qu’elle n’a que six ans. Poursuivant sa vie en compagnie de sa mère et de son frère, elle commence dès l’adolescence à traîner dans les rues et chante, en amatrice, dans quelques groupes de Rap locaux. À quinze ans, sa mère la fiche dehors du domicile parental et, de squats en petits boulots, la jeune fille ...

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Bio Complète


Née Alecia Beth Moore dans la banlieue de Philadelphie en 1979, la future P !nk connaît tout sauf une jeunesse heureuse. Son père, vétéran du Vietnam, quitte le domicile conjugal alors qu’elle n’a que six ans. Poursuivant sa vie en compagnie de sa mère et de son frère, elle commence dès l’adolescence à traîner dans les rues et chante, en amatrice, dans quelques groupes de Rap locaux. À quinze ans, sa mère la fiche dehors du domicile parental et, de squats en petits boulots, la jeune fille part à la rencontre de la vie d’une manière brutalement radicale.

Princesse rose du R’n’B

Mais, comme dans tout conte de fées – même les plus trash –un bon génie vient au secours de la jeune fille à la dérive. Ce bon génie, en l’occurrence, c’est l’un des exécutifs de MCA Records qui, séduit par la voix de la chanteuse, choisit de la caster pour les besoins d’un trio de R’n’B, Basic Instinct. Mais la personnalité d’Alecia Moore ne s’accorde pas avec le caractère de ses congénères et, en dépit de bonnes ventes, elle quitte le groupe en 1998 pour rejoindre le label LaFace Records, l’une des plus prestigieuses maisons de disques américaines, dirigée par le tout puissant Anthony « L.A » Reid, grand manitou du R’n’B et du Hip-Hop US. Rejoignant Choice, un autre groupe patronné par LaFace, elle réussit à persuader les directeurs artistiques du label de lui offrir sa chance d’évoluer en solo. Le culot et l’opiniâtreté de la jeune fille payent puisqu’en 2000, Reid accepte de produire son premier album.

Les filles du Moulin-Rouge

Can’t Take Me Home sort en 2000 et constitue un départ pour Alecia Moore rebaptisée P !nk pour l’occasion. Deux titres, particulièrement, se hissent aux sommets des charts anglo-saxons « There You Go » et surtout « Most Girls ». Passée de choriste presque anonyme au sein de Basic Instinct et Choice à artiste ultra-rentable de l’écurie LaFace, P !nk est contactée par les producteurs de la comédie musicale Moulin Rouge pour interpréter une reprise de « Lady Marmalade » aux côtés de Mya, Christina Aguilera et la rappeuse Lil Kim. Si le film avec Nicole Kidman est un relatif échec artistique, la chanson, elle, est un immense succès l qui permet à P !nk d’acquérir une stature internationale, dont elle ne disposait guère avant, son audience – certes énorme – restant jusqu’alors cantonnée au monde anglo-saxon.

La soldate rose

Guitariste et batteuse dans sa jeunesse, P !nk n’était venue au R’n’B que pour des raisons d’opportunités du moment. Désormais capable d’imposer ses vues artistiques à LaFace Records, elle s’attelle à l’écriture d’un nouvel album solo, M !sundaztood, aux sonorités beaucoup Rock que Can’t Take Me Home. Relookée punkette provocante, la jeune fille de Philadelphie s’offre les services de la compositrice de Linda Perry, l’ex-chanteuse à chapeau haut-de-forme des 4 Non-Blondes pour la genèse des morceaux de son album (après, dit-on, avoir laissé un message d’un quart d’heure sur le répondeur de cette dernière pour la persuader de travailler avec elle). Issue du monde du Rock, Perry, qui n’avait pas connu le succès depuis « What Up » en 1993, livre une galette très colorée, où les influences R’n’B (imposées par LaFace) paraissent très fades à côté des morceaux punkoïdes comme en témoigne le clip de « Get The Party Started » dans lequel une P !nk habillée en chanteuse de R’n’B classique se transforme, d’un simple morphing, en petite punkette rebelle conseillant aux auditeurs d’ « embrasser son cul ». Énorme succès pour cet album (seize millions d’exemplaires vendus) qui change radicalement l’orientation artistique de Moore et persuade LaFace records qu’il y a un authentique créneau à exploiter avec cette petite sauvageonne aux cheveux roses.

Pink, la Punk

L’album Try This, en 2003, se paye le luxe d’un « parental advisory – explicits lyrics » sur sa jaquette, sésame indispensable pour être considéré, aux yeux du public, comme la garantie d’un vrai disque de bad guy. Ecrit en grande partie par Tim Armstrong, le guitariste de Rancid, groupe Punk connu pour sa virulence verbale et scénique. Le résultat enterre définitivement l’image de la gentille chanteuse de R’n’B et P !nk, si elle apparaît désormais blonde, s’installe comme une valeur sûre du Rock rebelle, à des années lumières d’un milieu musical de toutes façons trusté par les Christina Aguilera, J-Lo et autres Beyoncé. « God Is A DJ », « Trouble » ou « Oh My God » sont autant de titres qui rappellent un certaine période du Punk-Rock californien et sur lesquels planent les mânes de groupes comme Ugly Kid Joe ou les Red Hot Chili Peppers. Le morceau « Feel Good Time » est repris sur la bande originale de Charlie’s Angel 2, dans lequel P !nk fait par ailleurs une apparition en guise de caméo, dans le rôle d’une chanteuse Punk. D’autres longs-métrages reprennent par ailleurs des titres de la jeune femme : White Chicks, des frères Wayans (devenu, en VF, F.B.I : Fausses Blondes Infiltrées. On applaudit le traducteur) ou Mean Girls (Lolita Malgré Moi en français. On applaudit encore plus fort !) de Mark Waters.

Pas morte !

Malgré les qualités de l’album, Try This est un échec relatif car la P !nk « nouvelle version » a du mal à trouver son public : trop R’n’B pour les Rockeurs, trop Rock pour les amateurs de R’n’b... il est indéniable que la chanteuse met son audience mal à l’aise, cette dernière ne sachant pas vraiment sur quel pied danser...ou pogoter. Après deux ans de silence, la poupée trash sort enfin I’m Not Dead, album témoignage résolument Pop-Rock construit autour de morceaux évoquant son passé, son présent et son avenir. « Stupid Girls », « Conversation with my 13 years old self » ou « Nobody Knows » sont autant d’occasions pour P !nk de se dévoiler, et de révéler, notamment les conditions dans lesquelles elle passa sa jeunesse. La présence de son père sur l’un des titres de l’album est d’ailleurs révélateur du processus cathartique d’Im Not Dead. Catharsis, certes, mais pas seulement. L’album se veut également politique, ou, tout au moins engagé, à l’image de la chanteuse qui multiplie les sorties contre la Guerre d’Irak, la politique de George W. Bush (qu’elle apostrophe directement dans le morceau « Dear Mister President ») ou les positions républicaines sur les sujets de société. Bien qu’obtenant un certain succès public, l’album est loin d’égaler le succès de M !sundaztood.

Welcome to the house of fun

Séparée de son compagnon le champion de moto-cross Carey Hart, en 2008, P !nk optimise la sortie de son nouvel opus, Funhouse, grâce aux nouvelles techniques permises par le développement du Web, notamment, le partage de vidéos sur des sites communautaires. Utilisant Youtube pour diffuser parcimonieusement ses clips, la chanteuse annonce dès lors une couleur Pop-Rock, dans laquelle on retrouve également quelques touche de Jazz. Ayant définitivement enterré sa carrière de chanteuse R’n’B, P !nk, la petite rebelle du star-system continue à se chercher un genre bien à elle, piochant ici et là au gré de sa fantaisie.



Benjamin D'Alguerre 

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